• Il était une fois une jeune fille, qui avait tout d'une princesse. 

    Petite, elle tombit amoureuse d'un garçon, et un peu plus grande, elle réussa à l'embrasser. 

    Ils s'embrassèrent, longtemps, puis ils arrêtirent, parce que l'amour c'est pas comme dans les contes de fée, et que quand on ne vit pas dans le même royaume, pour se voir, ça fait cher l'abonnement de cheval.

    Un jour, il décidut de lui envoyer une lettre pour lui dire qu'il l'aimait, mais que c'était peut-être pas le moment. 

    Un autre jour, elle réalisu qu'elle aussi, et que c'était forcément le bon moment. 

    Ils se retrouvarent, et ils parlirent très longtemps. Elle lui expliqût surtout que l'amour c'était pas une personne, c'était pas deux non plus, c'était trois : lui, elle, et eux.

    Le lendemain, il lui apportit un bouquet de trois roses et il lui dit : "Il y en une pour toi, une pour moi, et une pour nous". 

    Et quelques nuits après, il lui demandu de l'épouser. Elle acceptît, évidemment. 

    Alors ils se marrirent (en juillet 2011, précisément) et eurent beaucoup d'enfants (mais pas avant mars 2012, sinon c'est dégueulasse). 

    Qu'on ne me dise PLUS JAMAAAAAIS que le Prince Charmant n'existe pas. 

    Kmille, en mode ou-peut-être-qu'il-y-en-avait-qu'un ?


    14 commentaires
  • Putain ça souffle. 

    Le vent que je viens de me prendre, je parle. 

    Quand tout à l'heure, je me suis rappelée que j'avais un blog, et que j'y avais récemment publié un billet. Et que je m'apprêtais à y lire les 154 commentaires pour me dire que décidément j'étais vraiment trop forte et trop drôle et surtout trop bonne trop unique et trop cultivée. 

    J'étais pas loin finalement. A 150 commentaires près quoi. 

    Alors je me suis frotté les yeux, j'ai actualisé ma page, j'ai pété un scandale à canalblog pour leur dire que c'était honteux de bloquer les commentaires de cette façon j'ai relu mon billet, et j'ai compris. 

    I understood *. 

    Je crois que je me suis mal exprimée.

    Ou alors que t'as mal compris. Parce que j'ai l'impression que t'as compris que je m'étais juste amusée à mettre plein de qualificatifs après "je suis...", comme ça, pour le fun. Sache que je m'amuse presque d'un rien, mais que là ça aurait été tellement pas amusant que je me serais plus poilée à jouer au Scrabble avec ma fille de 10 mois.

    Non ce qui s'est passé, c'est que VRAIMENT le médecin m'a dit "Vous êtes... ?", et que VRAIMENT je lui ai répondu tout ça (ou presque) parce que je ne comprenais pas du tout de quelle façon il voulait que je termine sa phrase.

    Et que quand il m'a tendu une perche en me disant "vous êtes madame..." parce que je lui faisais un peu de peine à m'enfoncer, j'ai cru à une tentative subtile de récolte de l'information parce qu'il voulait me draguer et me marier, alors j'ai été un peu flattée, j'ai ressorti un peu les seins comme ça (oui, comme ça, regarde bien), et je lui ai dit "non pas encore". 

    (Rires du public)

     

    Ou pas. 

     

    Voilà voilà voilà. 

     

    Comme quoi, ça se confirme, expliquer une blague, ça pue.

    Et comme quoi, y a pas, y a des choses qui se racontent pas.

     

    Bon, je vous laisse, j'ai des blagues à réviser. Je ne faisais que passer. 

    En coup de vent, quoi. 

    Kmille, en mode-artiste-incomprise


    27 commentaires
  • Vous le savez, en ce moment je suis dans ma phase maniaco-philosophico-existentialo-qui-suis-d'où-veins-je-que-fais-je-isque. 

    Et si vous le savez pas, mon médecin, lui, le sait. Depuis hier, à la fin de la consultation, où il m'a naïvement demandé, sans lever les yeux de son ordonnance ni imaginer quelles tornades et questionnements il déclencherait en moi : 

    Lui : - "Vous êtes... ?"

    Moi : " ? "

    Lui : "... ?"

    Oui, je sais, je suis maître dans l'art des dialogues

    Moi : "... à jour dans mes vaccins ?"

    Lui : "... ?"

    Moi : "... réglée ?"

    Lui : "... ?"

    "... Vierge ?"

    "... Gauchère ?"

    "... Contre la peine de mort ?"

    "... D'ici ?"

    "... Une fille ?"

    "... Jeune conductrice ?"

    "... Tatouée ?"

    "... Journaliste ?"

    "... Pas du matin ?"

    "... Hétérosexuelle ?"

    "... Diplômée ?"

    "... Epilée ?"

    Ca aurait pu continuer longtemps comme ça, mais le doc a fini par me tendre une perche. 

    - "Vous êtes... Madame... ?"

    - "Non, pas encore... Mademoiselle" (sourire mi-charmeur mi-mystérieux)

    - "... ?"

    - "... (gourmand va) ... "

    - "Votre nom. J'aurais besoin de votre nom. Vous êtes Mademoiselle... ?"

    - Anseaume. Je suis Mademoiselle Anseaume. Et je vais aller me baigner, ça tape là.

    Kmille, en mode ces-médecins-n'ont-décidément-aucune-fantaisie


    7 commentaires
  • Je voudrais adorer l’été et détester l’hiver ou le contraire. Ne jurer que par le bleu et gerber tout ce qui est blanc, ou réciproquement.

    Mais j’aime aussi l’automne, et aussi le printemps, autant que le vert, presque autant que le blanc.

    Je voudrais avoir des rituels, manger tous les matins la même chose. Que mon mari plus tard il prépare un sucre et demi près de mon bol, ni plus ni moins, parce que "c'est comme ça, quand tout n'y est pas ça me met hors de moi".

    Mais le matin je mange ce qui me vient, et encore, c’est s’il en reste. Et en plus j'ai pas de mari ni de plateau. 

    Je voudrais juste être cataloguée.

    Je ne suis pas vraiment bordélique, pas vraiment maniaque non plus. Quand je serais morte, les gens ne pourront même pas se rappeler, un petit sourire à l’œil, de mes sales manies ou de mon beau bordel. Je ne suis pas vraiment chiante, pas vraiment gentille non plus. Ca dépend avec qui, et à quel moment.

    Je suis intransigeante sur rien, parce que je trouve des excuses à tout. Je ne déteste vraiment personne, mais personne ne me passionne. Au mieux j’adore, mais jamais sans réserve, au pire on m’indiffère.

    Je suis pas vraiment calme, pas vraiment excitée, pas complètement ignarde, pas franchement cultivée.

    Je voudrais rentrer dans un moule mais je déborde de partout. Ou alors je remplis rien, ce qui est peut-être pire que tout. En plus je fais des rimes sans le vouloir, on dirait un poème de cours préparatoire.

    Je voudrais être trop, démesurément, aucunement, invariablement, incontestablement, excessivement, indéniablement et irrémédiablement.

    Je voudrais qu’on m’étiquette, qu’on me résume et surtout qu’on me souvienne.

    Je voudrais être diaboliquement belle ou excessivement triste, systématiquement optimiste ou incroyablement laide, exceptionnellement cynique ou perpétuellement dévouée, horriblement naïve ou follement insouciante.

    Je voudrais être un adverbe en –issima, même si c’est pour être connissima. C’est vous dire si je ne suis pas chiantissima.

    Je voudrais être toute noire ou toute blanche, ou alors une belle grise.

    Je voudrais peser 30 kilos, ou alors 150, être une sale bourgeoise ou une petite pauvresse. Je voudrais être bonne à tout faire, ou alors bonne à rien.

    En fait je préférerais être rien qu’à la fois tout et rien.

     

    Kmille, en mode oui-oui-c'est-encore-une-belle-journée


    18 commentaires
  • Je passe pour une fille physiquement super naturelle, qui assume ses imperfections et ne cherche pas à les camoufler à tout prix. 

    Ce qui serait super cool, en soit, si je ne passais justement pas la moitié de mon temps et de mon salaire à essayer de les cacher. 

    Parce qu'il y a quand même un truc qui est pire que d'être moche au naturel. Pire encore que de devoir passer des heures à se maquiller pour avoir l'air convenable. 

    C'est de passer des heures à se maquiller et d'avoir l'air moche au naturel. 

    J'invente pas, hein, c'est du vécu. 

    D'hier, entre autre, quand je suis rentrée dans une parfumerie à la recherche du fond de teint qui réveillera enfin, cette fois c'est sûr, la bomba qui sommeille bien profondément en moi. 

    Une vendeuse s'est approchée et m'a demandé ce que je voulais. 

    - Etre méga bonne Un fond de teint, je lui ai répondu.

    Elle m'a regardée dans les pores gruik, et moi dans les siens. Inexistants, les siens, bien sûr. Les miens, par contre, elle n'a pas eu trop de mal à les trouver.

    Elle est passée de rayons en rayons, hésitant entre la gamme anti brillance, celle anti comédons, celle anti pores béants et celle anti sale gueule.

    Devant ma mine encore plus déconfite, elle a cru bon d'ajouter : "Ne vous inquiétez pas, une bonne hygiène de peau et un soupçon de maquillage, et c'est de l'histoire ancienne."

    Sous-entendu, quand t'auras fini de te rouler dans la merde en guise de démaquillage et que t'auras compris qu'un mascara ça ne sert pas à déboucher les chiottes, tu seras une autre femme. 

    Elle a trouvé un fond de teint et m'a expliqué comment ça marchait. Au cas où j'aurais cru que l'idée c'était de tremper sa tête dans le pot. 

    Je l'ai laissée me montrer la noisette dans la paume, à réchauffer avec les doigts, l'application sur le visage, par mouvements circulaires, la teinte, pas trop foncée mais surtout pas trop claire. Quand elle a commencé à m'expliquer comment se laver les dents appliquer la poudre, je l'ai coupée, "de l'extérieur vers l'intérieur, en insistant sur les zones bombées du visage". 

    Bah oui, c'est pas comme si j'avais déjà écrit 25 articles là-dessus, et que j'appliquais les préceptes à la lettre depuis 10 ans bientôt. 

    Et là elle s'est stoppée net, a penché et incliné légèrement sa tête vers mes pores moi, a affiché sur son visage salement parfait un sourire salement maternel, et m'a dit tout près, si bien que je pouvais sentir son haleine salement poudrée :"Ouiiiiii c'est çaaaaa c'est biiiiiiiien !..." Avec un ton mêlant encouragement et étonnement. 

    Le même que celui avec lequel on aurait félicité une incontinente qui n'aurait pas mouillé ses draps. Ou une grande accidentée après son premier pas. 

    Ou encore un boudin qui saurait se maquiller. 

    Kmille, en mode connasse-va.


    8 commentaires