• Hormis le fait que je viens de passer une bonne heure à tenter de fixer un putain de calendrier de l'Avent sur mon putain de mur et qu'au final j'y ai laissé une vingtaine d'épingles, deux doigts, un mur et un calendrier de l'Avent, j'adore cette période qui précède les festivités.

    En fait j'adore toutes les périodes qui précèdent. Sauf celle qui précède la mise en relation avec un conseiller Orange, faut quand même pas pousser.

    Mais j'ai quand même un sacré faible pour la période précédant Noël, qui a le don de me faire oublier toute notion de rébellion. Pour cela, ce n'est pas compliqué.

    Mets moi des boules et des guirlandes à vendre dans les boutiques, à partir de septembre si possible. Des décorations de Noël qui se sentent un peu cons, là, à côté du bac de serviettes de plage en soldes. Mets moi des gens qui les regardent en se disant que c'est n'importe quoi, bientôt on les aura au mois de juin.
    Mets moi la drôle d'impression, comme chaque année, que cette période d'avant Noël n'arrivera jamais, ou alors pas comme les autres années. Puis mets moi la certitude, un matin, en sortant de chez moi, que ça y est, on y est, en plein dedans, et que ça ressemble étrangement et heureusement aux autres années.

    Mets-moi des cabanes en bois sur des marchés de Noël kitchs, avec des pères Noëls blasés portant sur leurs genoux des gamins apeurés. Mets-moi des petits couples enlacés marchant bras dessus bras dessous, conscients de nager ainsi dans le cliché mais s'y vautrant avec délectation, comme dans leur canapé de retour à la maison. Mets-moi une odeur de vin chaud, le seul que tu peux boire à 15h sans même penser à culpabiliser.

    Mets moi de la fumée qui sort des bouches, et des visages autour qui font semblant de pas la voir, mais qui forcent un peu leur souffle, pour coller vraiment au décor.

    Mets-moi des bouffées de chaleur qui viennent te faire de l'oeil quand tu passes un peu trop près de la porte ouverte d'un magasin bondé.

    Mets moi des queues interminables aux caisses, des airs faussement agacés seulement trahis par les regards curieux de ce que toi, tu as bien pu dénicher, ou fiers de ce que "regarde moi, ce que j'y ai trouvé".

    Mets moi des vendeuses pailletées et maquillées, grisées par le claquement permanent du tiroir-caisse, mets moi des "en vous souhaitant de bonnes fêtes" exagérément souriants et bienveillants en te tendant ton ticket de carte bleue.

    Mets moi des yeux qui pleurent de froid, des orteils tellement congelés que tu finis par ne plus les sentir, mets moi des "c'est la dernière fois que je sors comme ça", mets moi des "c'est la dernière fois que je sors tout court"; mets moi des envies d'écharpes interminables, de cagoules et de moufles et tant pis si c'est moche, et aussi de bains chauds avec des bougies qu'en réalité tu ne prendras jamais.

    Tout ça pour vous dire que j'ai Jingle Bells dans la tête depuis 15 jours, et que je dois me retenir très fort pour ne pas habiller mon blog d'un habit rouge et blanc, et ajouter à chaque billet des images animées en forme de Père Noël clignotant.

    Sauf si vraiment, vous insistez...


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  • C'est vrai quoi, je trouve assez incroyable la capacité qu'ils ont à se foutre des conventions et des protocoles, des "ça se dit" et "ça se dit pas".

    Finalement, nous les grands, on a beau jouer aux rebelles, c'est eux les vrais rockers.

    Quand je dis ça, je pense pas forcément à ma fille, au vocabulaire un peu pauvre, et dont le seul affranchissement social et relationnel consiste pour l'instant à péter n'importe où et n'importe quand en poussant un râle des plus gracieux suivi d'un sourire satisfait et radieux. Mais je ne suis pas convaincue qu'il s'agisse tant là d'une simplicité d'enfant que d'une certaine loyauté envers son héritage familial.

    Non en fait, là, je pense en particulier à une de ses demi-soeurs, âgée de 6 ans.

    Age terrible auquel la liberté de langage se combine à la capacité de langage.

    Et où ces deux caractéristiques cotoient une troisième consistant à n'avoir aucune notion du caractère périlleux, gênant et à risque des situations vécues.

    Tiens, par exemple, au hasard, la situation où je rencontre pour la première fois l'ex femme du père de ma fille. Sa mère à elle, donc. Enfin la mère de la demi-soeur de ma fille, pas de ma fille.

    Vous suivez ?

    Faites un effort merde, c'est pourtant pas compliqué.

    Bref, on est là, toutes les trois, ma fille, sa demi-soeur et moi, en train de regarder sur Internet la vidéo d'une jeune chanteuse de Yodel. Mais oui vous savez, ce chant tyrolien consistant à émettre des sons s'apparentant à "Lala Hii Lala Hii Lala Hii Houuuu" et autres "YiiiiiiiiHA !".

    (A l'heure qu'il est, je suis donc en pyjama en train de chanter du Yodel pour tenter de vous en retranscrire le son, il y a des jours comme ça où je me dis qu'heureusement que je vis seule)

    La gamine qui chante, faut le dire, elle tabasse, et moi, ça m'a donné envie d'essayer de faire pareil.

    Et bien vous me croirez ou pas, mais je le fais vachement bien. En tout cas ma fille en est restée sans voix, et j'ai vu dans le regard de sa demi-soeur qu'on appellera Clara l'admiration sans faille.

    Elle me demande de recommencer à faire "LalaHii" et "YiiiiiiHA", je m'exécute, une fois, puis deux, puis dix, elle est conquise, je joue avec mon nouvel organe, tout n'est que rires et allégresse.

    Jusqu'à ce que ça sonne, à la porte.

    "Ah c'est maman qui vient me chercher".

    Ah.

    D'un coup j'ai moins envie de faire "LalaHii", faut dire que cette rencontre ça faisait un moment que ça devait arriver, on a aucune raison de se détester, mais aucune non plus de se tomber dans les bras en se disant qu'on est vraiment heureuses de se rencontrer.

    Je prends ma fille dans mes bras parce qu'on a encore rien trouvé de mieux à part la cigarette pour se donner de la contenance et je me dirige vers la porte.

    Les sourires sont un peu crispés, on s'échange nos prénoms comme si on était pas censées connaître celui de l'autre, et on fait un gouzi-gouzi chacune à ma fille parce qu'il n'y a rien de mieux non plus pour briser la glace, détail qui, je note pour plus tard, donne à la fille une supériorité non négligeable sur la cigarette.

    Clara assiste à la scène, et sans doute elle sent qu'on n'est pas bien à l'aise et que l'ambiance gagnerait à être un peu détendue.

    Alors il lui vient une idée de génie.

    Elle nous prend nos mains à toutes les deux, nous regarde et s'adresse à sa mère :

    - "Maman, Camille elle va te montrer un truc trop cool !"

    Moi :  " ... ? ... Ah oui ? Quoi Clara ? Mon cul ?"

    La Maman :  " ...  Ah ?..." (regard interrogatif vers moi)


    Clara
    :   " Vas-y Camille montre à Maman comment tu fais "Lala Hiii" "


    La Maman
    :   "..." (Regard interrogatif et suspicieux)


    Moi
    :  " ... (sourire très crispé). Ahah (rire jaune). Euh bah non Clara... Pas là maintenant... On va attendre de se connaître un petit mieux avec Maman d'accord ? Fait froid quand même hein en ce moment."


    Clara
    : "Allez vas-y tu l'as fait plein de fois tout à l'h...


    La Maman,
    soudain solidaire :   "OUI DIS DONC UN FROID DE GUEUX d'ailleurs je vais peut-être rentrer chez moi pour me réchauffer tiens "


    Clara
    : "Cami...


    Moi
    : "  OH LALA M'EN PARLE PAS QU'EST-CE QUE CA SERA DANS UN MOIS HEIN !"

    (Rires) (oui, on est d'accord, ce n'était pas drôle, mais il est des situations où la gêne est telle qu'on rit de tout)


    Clara
    : "Mais allez quoi Camille tu pourrais même apprendre à Maman !"


    Moi
    :   " ... "


    La Maman :
      " ... "


    Clara
    : " 1, 2, 3 : à toi ! "


    Moi
    :  " Clara STOP, j'ai un autre jeu."


    Clara
    :  " Ouais cool vas-y."


    Moi
    :  "On va jouer à Jacques à dit."


    Clara
    : " Ok trop facile, je gagne toujours."


    Moi
    :  " Ca tombe bien. Jacques à dit Ta gueule."

    Elle a gagné.

    YiiiiiHA.

    Edit : avec tout ça j'ai oublié de vous demander de voter pour moi, et toujours UNE SEULE FOIS par jour. Pour l'instant vous faites ça très bien, merci :)


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  • S'il y a bien quelque chose que les filles adorent sur Facebook, c'est de se mobiliser pour les grandes causes.

    Avec un petit penchant quand même pour les grandes causes avec un peu de sexe dedans.

    Tu te rappelles, il y a peu de temps, toutes tes amies virtuelles affichaient dans leurs pesudos une couleur. En fait les filles s'étaient passées le mot qu'elles devaient mettre la couleur de leurs sous-vêtements et ne surtout pas en parler aux mecs lol mdr ils vont rien comprendre PTDR.

    Officiellement, c'était une action de sensibilisation au cancer du sein. En fait je crois que c'était surtout un sacré truc de coquines.

    Parce que ça en a balancé du "bordeaux et crème", "léopard fushia" et autres "noir en dentelle avec un trou juste au niveau du vagin". Inévitablement, les contacts féminins effectuaient un  "j'aime" de connivence, pour bien montrer qu'elles étaient dans le coup, elles aussi.
    Les contacts masculins, eux, tentaient un timide "?", pour les plus naïfs. Bien sur, le secret restait bien gardé, mais on sentait dans les réponses évasives des filles et même dans leurs silences, leur excitation d'éveiller ainsi l'imagination sexuelle de leurs contacts masculins. Berk.

    Après, et vu que les filles adorent les secrets-de-filles-que-les-mecs-ils-comprennent-pas-on-forme-quand-même-une-sacrée-équipe-lol, Facebook nous a lancé un autre défi, qui consistait à dire via notre pseudo où était notre sac à mains, en commençant la phrase par "je l'aime..." pour que ça sente un peu le sexe quand même.

    C'est ainsi que tu as vu ta mère poster "Je l'aime sur le canapé du salon", que tu as eu envie de vomir et que tu t'es juré de ne plus jamais poser tes fesses sur ce maudit divan.

    En plus c'est con ce jeu, ça m'a fait flipper moi, le matin où tout a commencé et que je n'étais pas au courant. Je vais sur le profil de ma cousine, enceinte de 13 mois environ, et je découvre son pseudo : " "suspendue à la rampe de l'escalier" (envoyé via mon iPhone) ".

    Et là, dans ma tête ça fait ni une ni deux, je la visualise en souffrance, agrippée en équilibre sur la rampe de l'escalier, sur le dos parce que sur le ventre il n'y a pas d'équilibre possible, et après lui avoir demandé "pourquoi ?" en commentaire, je m'empare de mon téléphone pour lui demander si elle a besoin d'aide.

    Après j'ai réalisé qu'il n'y avait aucune raison qu'elle se retrouve dans cette situation incongrue à moins de l'avoir voulu très fort, et que si d'aventure c'était le cas, son premier réflexe aurait peut-être été d'appeler les pompiers, plutôt que de s'emparer de son iPhone pour décrire sa position sur FacebooK. Mais bon c'était trop tard, elle avait décroché, jeu de merde sur FB : 1 - Moi : 0.

    Aujourd'hui, sur Facebook, c'est de la journée de la jupe dont il est question. C'est Ni Putes ni soumises qui en est à l'origine, dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes. Le principe est simple : faire péter la jupette, en ce jeudi 25 novembre.

    Et bien le dire à tout le monde sur Facebook, pour montrer que les violences faites aux femmes, t'es contre.

    Et autant te dire que t'as plutôt intérêt à la porter, la jupe. Moi par exemple, c'était pas mon cas. Ca serait tombé le 25 août, je dis pas. Mais bon là c'est pas comme si il faisait -10 degrés et qu'il neigeait depuis ce matin, quoi.

    Dans la rue j'ai vu des jupes, des jambes dessous, de la chair de poule dessus. Des filles en jupe, qui, malgré le froid, étaient excitées comme des roumaines au salon de la caravane, et se lançaient de chaque coin de rue des regards complices et solidaires, comme en période de grève, ou unis par la même cause ou les mêmes emmerdes, le lien social se resserre, la complicité se crée, la connivence s'installe, les regards d'approbation s'échangent, et moi j'ai un peu envie de vomir. Pas que j'aime pas la complicité, c'est juste celle de circonstances qui me sort par les trous de nez.

    J'ai vu des regards qui m'ont fait peur, aussi, un peu, et m'ont donné l'impression que je serai tondue sur la place publique. Des regards qui semblaient dire : "Bouuuh elle aime pas les femmes ! Elle aime la violence ! Mais ce qu'elle aime par dessus tout c'est les violences faites aux femmes ! Je suis sure qu'elle aime aussi la fourrure et qu'elle mange même pas bio !"

    J'ai bien tenté de leur expliquer que la violence, j'étais contre, et que même un jour j'avais mangé du boulgour.

    Voilà donc qu'aujourd'hui j'ai eu l'impression d'être regardée de travers parce que j'étais en pantalon.

    Il est beau, le progrès.

    Edit : mes votes ont mystérieusement triplés en quelques jours, alors que je n'écrivais plus de billets. J'en conclus que moins j'écris, plus vous m'aimez.

    Edit 2 : si vous voulez que je me taise à jamais, vous pouvez continuer à voter, et toujours UNE SEULE FOIS par jour. Merci à tous :)


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    Commentaires sur BeCoMe WhAt YoU ArE (xoxoxoxo)

      Oh non déjà lu... Sofie en mode fausse joie


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  • Hier, j'avais décidé que je serai la plus belle pour aller promener. 

    J'avais revêtu mes plus beaux atours, parmi lesquels un magnifique tee-shirt en dentelle, que j'arborrais fièrement mais pas trop, rapport au fait qu'il devait faire -12 et que, la résille étant ce qu'elle est, j'avais quand même froid sur environ 1cm2 sur 2 de ma peau.

    J'avais décidé de ne pas lui en tenir rigueur, faut dire que le pauvre en avait déjà le matin-même pris pour son grade, en croisant le chemin de celui qui, la surprise et l'érection passées, lui avaient demandé d'un rire gras parfaitement en harmonie avec la teneur de la plaisanterie s'il n'avait pas été découpé dans un filet de pêche. 

    Journée de la gentillesse oblige, j'ai appelé une amie pour lui proposer ma compagnie et celle de mon tee-shirt, le temps de la soustraire à sa pauvre vie.

    En nous voyant arriver, elle a d'abord fait comme si de rien n'était.

    Mon tee-shirt commençait à se détendre, mais le répit pour lui a été de courte durée.

    Au bout de quelques minutes à peine, le temps surement pour elle de préparer sa vanne, elle nous a désignés, moi et mon vêtement, d'un air hautain :

    "Il est sympa ton tee-shirt, tu l'as eu au rayon Putes ?"

    Aux chiottes la journée de la gentillesse, c'est pas moi qui ait voulu la guerre.

    "Oui d'ailleurs j'y ai croisé ta mère, elle te passe le bonjour."

    J'espere que vous êtes fiers de moi.

    Moi, oui.

    Edit : et en plus aujourd'hui, je suis sur Flavor. On m'aurait dit qu'un jour je figurerai dans une catégorie Culture, je l'aurais pas cru...


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