Avec un petit penchant quand même pour les grandes causes avec un peu de sexe dedans.
Tu te rappelles, il y a peu de temps, toutes tes amies virtuelles affichaient dans leurs pesudos une couleur. En fait les filles s'étaient passées le mot qu'elles devaient mettre la couleur de leurs sous-vêtements et ne surtout pas en parler aux mecs lol mdr ils vont rien comprendre PTDR.
Officiellement, c'était une action de sensibilisation au cancer du sein. En fait je crois que c'était surtout un sacré truc de coquines.
Parce que ça en a balancé du "bordeaux et crème", "léopard fushia" et autres "noir en dentelle avec un trou juste au niveau du vagin". Inévitablement, les contacts féminins effectuaient un "j'aime" de connivence, pour bien montrer qu'elles étaient dans le coup, elles aussi.
Les contacts masculins, eux, tentaient un timide "?", pour les plus naïfs. Bien sur, le secret restait bien gardé, mais on sentait dans les réponses évasives des filles et même dans leurs silences, leur excitation d'éveiller ainsi l'imagination sexuelle de leurs contacts masculins. Berk.
Après, et vu que les filles adorent les secrets-de-filles-que-les-mecs-ils-comprennent-pas-on-forme-quand-même-une-sacrée-équipe-lol, Facebook nous a lancé un autre défi, qui consistait à dire via notre pseudo où était notre sac à mains, en commençant la phrase par "je l'aime..." pour que ça sente un peu le sexe quand même.
C'est ainsi que tu as vu ta mère poster "Je l'aime sur le canapé du salon", que tu as eu envie de vomir et que tu t'es juré de ne plus jamais poser tes fesses sur ce maudit divan.
En plus c'est con ce jeu, ça m'a fait flipper moi, le matin où tout a commencé et que je n'étais pas au courant. Je vais sur le profil de ma cousine, enceinte de 13 mois environ, et je découvre son pseudo : " "suspendue à la rampe de l'escalier" (envoyé via mon iPhone) ".
Et là, dans ma tête ça fait ni une ni deux, je la visualise en souffrance, agrippée en équilibre sur la rampe de l'escalier, sur le dos parce que sur le ventre il n'y a pas d'équilibre possible, et après lui avoir demandé "pourquoi ?" en commentaire, je m'empare de mon téléphone pour lui demander si elle a besoin d'aide.
Après j'ai réalisé qu'il n'y avait aucune raison qu'elle se retrouve dans cette situation incongrue à moins de l'avoir voulu très fort, et que si d'aventure c'était le cas, son premier réflexe aurait peut-être été d'appeler les pompiers, plutôt que de s'emparer de son iPhone pour décrire sa position sur FacebooK. Mais bon c'était trop tard, elle avait décroché, jeu de merde sur FB : 1 - Moi : 0.
Aujourd'hui, sur Facebook, c'est de la journée de la jupe dont il est question. C'est Ni Putes ni soumises qui en est à l'origine, dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes. Le principe est simple : faire péter la jupette, en ce jeudi 25 novembre.
Et bien le dire à tout le monde sur Facebook, pour montrer que les violences faites aux femmes, t'es contre.
Et autant te dire que t'as plutôt intérêt à la porter, la jupe. Moi par exemple, c'était pas mon cas. Ca serait tombé le 25 août, je dis pas. Mais bon là c'est pas comme si il faisait -10 degrés et qu'il neigeait depuis ce matin, quoi.
Dans la rue j'ai vu des jupes, des jambes dessous, de la chair de poule dessus. Des filles en jupe, qui, malgré le froid, étaient excitées comme des roumaines au salon de la caravane, et se lançaient de chaque coin de rue des regards complices et solidaires, comme en période de grève, ou unis par la même cause ou les mêmes emmerdes, le lien social se resserre, la complicité se crée, la connivence s'installe, les regards d'approbation s'échangent, et moi j'ai un peu envie de vomir. Pas que j'aime pas la complicité, c'est juste celle de circonstances qui me sort par les trous de nez.
J'ai vu des regards qui m'ont fait peur, aussi, un peu, et m'ont donné l'impression que je serai tondue sur la place publique. Des regards qui semblaient dire : "Bouuuh elle aime pas les femmes ! Elle aime la violence ! Mais ce qu'elle aime par dessus tout c'est les violences faites aux femmes ! Je suis sure qu'elle aime aussi la fourrure et qu'elle mange même pas bio !"
J'ai bien tenté de leur expliquer que la violence, j'étais contre, et que même un jour j'avais mangé du boulgour.
Voilà donc qu'aujourd'hui j'ai eu l'impression d'être regardée de travers parce que j'étais en pantalon.
Il est beau, le progrès.
Edit : mes votes ont mystérieusement triplés en quelques jours, alors que je n'écrivais plus de billets. J'en conclus que moins j'écris, plus vous m'aimez.
Edit 2 : si vous voulez que je me taise à jamais, vous pouvez continuer à voter, et toujours UNE SEULE FOIS par jour. Merci à tous :)