Je connais personne qui, à la question « Qui est la personne qui compte le plus au monde pour toi ?», répond « moi ». C’est encore plus con comme question, mais re-quand même. Presque aussi con que celle de mes cousines Lalo et Manou qui demandent à tous leurs cousins s’ils seraient plus tristes si c’était leur papa ou leur maman qui mourrait.
Et pourtant. Ca serait bien ça la vraie logique.
Quand je reçois des gens chez moi, je fais en sorte qu’ils soient bien. Je prépare à manger (j’essaye, quoi…), de préférence des trucs bons. Je suis souriante et je ne rote pas (ou si peu). Je suis gentille avec eux, je m’intéresse à leur vie, et je fais en sorte qu’ils soient bien. Je cherche le meilleur en eux, plutôt que de m’attarder sur leurs défauts. Défauts que je vois plus comme des particularités que comme des tares, d’ailleurs. Sauf les violeurs pédophiles racistes, je les aime pas trop, eux. Et ça tombe bien parce qu’ils viennent pas souvent chez moi.
En fait, j’ai un regard bienveillant. Je suis parfois fière, parfois touchée, parfois émue, parfois amusée, parfois irritée même, mais jamais indifférente.
Et je suis sure que vous êtes pareils.
Reste à savoir pourquoi on n’est pas comme ça avec nous-même. Alors qu’on est quand même la personne avec qui l’on passe le plus de temps. Celle qu’on devra supporter toute une vie, et peut être même bien encore après.
On parle de tolérance et de concession dans le couple, parce que c’est comme ça qu’on harmonise une vie à deux. Et comment on fait pour harmoniser une vie toute seule si on ne se passe rien ?
Ca vous est souvent arrivé, à vous, de dire « mais quelle sale gueule tu as » à la personne à côté de laquelle vous vous réveillez ?
Moi non, à part à moi. Faut dire que j’ai sacrément une sale gueule au réveil.
J’ai envie de me traiter en invité. Et ce du matin au soir parce que c’est quand même avec moi que je vais finir la nuit.
D’ailleurs, là, je suis fatiguée. Et ça me viendrait pas à l’idée de tenir la jambe à un invité pour le laisser éveillé.
Je lui ferai un lit douillet et je lui souhaiterai une bonne nuit.
Je m’en vais donc de ce pas me faire un lit douillet, et me souhaiter une bonne nuit.
Bon, et vraiment parce que c’est moi, je vais même m’autoriser à dormir dans mon lit.
Et demain, peut être bien que je m’emmènerai prendre un café en terrasse au soleil.
Kmille, en mode j’ai-été-schizophrène-mais-on-va-beaucoup-mieux.