Mais moi je suis quelqu’un de bien. Une jeune fille rangée et sage qui n’accepte jamais de monter dans les engins (ni sur les engins) des hommes qu’elle ne connaît pas. Alors j’ai gentiment décliné l’invitation avec un grand sourire et une petite fierté. Il a gentiment insisté avec des grands gestes et j’ai encore plus gentiment dit que non définitivement il y avait pas moyen de moyenner.
Puis je suis rentrée dans le métro. Blindé le métro. Avec un couple qui avait remarqué le petit manège et qui rigolait gentiment. Oui tout s’est fait très gentiment.
J’ai fait genre je suis habituée, même pas flattée, et tiens je vais prendre mon portable pour écrire un message mais non rien à voir avec le fait que je sois gênée.
Trois secondes après, il y a le bruit du chauffeur qui va faire une annonce pour dire que la station machinchose est fermée au public pour cause de travaix, prochaine station, machintruc. Sauf qu’il a pas parlé de station, de public, ni de travaux.
Il a juste dit, d’une voix claire et distincte : « Quel dommage… »
Et le couple qui se met à se marrer en me regardant, et les deux racailles d’à côté qui disent « woua mais qu’est-ce qui raconte lui ? », et les passagers à l’autre bout de la voiture qui lèvent la tête de leurs livres et qui font les sourcils étonnés.
Et moi qui me dit que c’était pour moi, rien que pour moi, et que, comme dit l’ami Souchon, « si tout est moyen, si la vie est un film de rien, ce passage-là était vraiment bien, ce passage-là était bien. »
Kmille, en mode poétic-loveuse