C'est pas toujours comme ça dans la vraie vie. Parfois, après vous être mis d'accord du regard chez des copains, il faut retourner chez vous. Bah oui faut pas pas exagérer, ok pour un élan de légereté mais de là aà s'envoyer en l'air sous l'abri-bus quand même, tu pousses le bouchon un peu trop loin Maurice.
Je disais donc, il faut retourner chez vous. Sauf qu'il y a plus de métro, et que vous n'avez pas un rond pour prendre le taxi. Viens Jo, c'est pas grave on est jeune et ouf, on rentre à pied même pas peur et même pas froid.
Une heure et quart après, vous commencez à avoir les extrémités qui gèlent et une pensée émue pour celles de monsieur, et vous vous dites que vous allez jamais retrouver votre rue quartier.
Au bout d'une heure 45, vous êtes devant chez vous. Contrairement aux gens des films, vous n'avez pas d'ascenceur mais 5 étages à monter à pied. Contrairement aux gens des films, vous n'êtes plus très pressés de vous empapapaouter parce que pour l'instant, l'heure est à compter si vous avez toujours 10 doigts de main et 10 doigts de pied.
Arrivés en haut, vous êtes toujours aussi gelés, et en bonus vous n'arrivez plus à respirer.
Donc vous ne pouvez plus parler. En même temps ça tombe bien parce que le 1h45 de discussion sur le trajet c'était pas vraiment au programme.
Du coup vous êtes fatiguée d'avoir parlé, et fatiguée tout court. Lui il est dans ses petits souliers car il vous sent plus vraiment dans l'ambiance.
Plutôt que l'option nuisette, vous choisissez celle pyjama "schmout-schmout", si bien que lui ose à peine enlever ses petits souliers, avant de se mettre au lit.
Lit fait de coussins que vous lui avez gentiment installé à côté du vôtre. Désolée mais 1h45 sous le froid et 5 étages à monter ça vous rompt le charme et l'envie direct.
La seule chose que vous avez envie de partager, c'est une cigarette avant de dormir.
Vous n'avez plus qu'à regarder la fumée s'envoler en même temps que vos rêves de cinéma.
Kmille, en mode bonne-nuit-fais-pas-trop-de-bruit-deman-en-te-réveillant